samedi 14 décembre 2013

SaintéLyon 2013: quelle nuit blanche!

Bonjour,

Quand l'idée de faire la SaintéLyon m'a traversé l'esprit l'année dernière lors d'un repas entre amis, j'avais envie de voir jusqu'où j'étais capable d'aller, je voulais des conditions difficiles (comme celle qu'on eu les participants de l'édition 2012) pour mettre à l'épreuve mon mental. J'avais lu les compte rendus des amis de la Runnosphère ayant participé à cette 59 édition et j'avoue qu'un sentiment étrange de peur et d'envie commençais à me gagner.

Pour ce week-end de course, je suis accompagné de mon collègue de travail et ami Philippe, au moins jusqu'au départ car nous n'avons pas du tout les mêmes objectifs, lui vise moins de 8h (pour ça première participation, sacré défi) et moi moins de 10h.

Préambule:

Nous arrivons vendredi soir à Lyon, logés de la meilleur des manières chez un ami à lui. Son ami a prévu le déjeuner et dîner pour le samedi, nous n'avons qu'à nous concentrer sur la course qui nous attends et à préparer nos affaires. Nous allons retirer nos dossards samedi matin et faire un petit tour sur le village expo. Après le déjeuner, nous allons rapidement faire un tour dans le vieux Lyon histoire de faire un peu de tourisme mais le nombre de touristes est vraiment (trop) important et nous piétinons beaucoup. Nous rentrons donc nous reposer un peu et finir de préparer nos affaires.

Notre hôte d'exception nous emmène même jusqu'à Saint Etienne en voiture où nous arrivons vers 22h-22h15. Nous rentrons dans le parc des expo qui est bondé de coureurs que se soit dans les tribunes ou directement sur le sol (voir même sous les tribunes). Je regarde si je vois d'autres membres de la Runnosphère mais il y a trop de monde, tant pis nous allons nous habiller tranquillement.
Nous nous installons pour ça dans les tribunes confortablement assis (enfin tant que possible).

 Le speaker demande aux coureurs qui somnolent ou dorment de se réveiller tranquillement et de commencer à déposer les sacs à la consigne, ce que nous faisons. Les consignes sont dehors dans des camions selon nos numéros de dossards, au retour dans le parc des expo, je tombe sur les amis de la Runnosphère, échangeons quelques mots, rencontre Laurent pour la première fois.

Nous nous plaçons chacun dans nos sas (moi dans le - de 11h, mon collègue dans le moins de 9h), nous nous reverrons qu'à la fin quand j'arriverai.

En attendant le départ, je me réchauffe en faisant quelques sauts sur place mais je n'ai pas, malgré les -2°c, vraiment froid, je commence à stresser: 10h de course pour faire 75km de nuit, ça fais beaucoup d'inconnues. Le speacker prévient que les conditions seront difficiles jusqu'à Sainte Catherine avec pas mal de verglas

0h le départ est donné:

Je sais que l'on commence par environ 7km de bitume, j'essaye de gérer mon allure ce qui n'est pas facile
car je me fais beaucoup doubler sur cette portion, je reste concentrer sur mon allure.
Je suis parti avec pas mal d'eau pour sauter le premier ravito et je bois régulièrement. Il y a pas mal de spectateurs sur les bas côté qui nous encouragent, sympa à cette heure si et dans ce froid.

Quand nous quittons le bitume, le ton est donné, ça commence à glisser ensuite vient la neige, c'est pas chiant la neige, c'est même sympa de courir dedans, il suffit de taper des pieds de temps en temps pour évacuer la neige avant qu'elle ne fonde mais ici, elle recouvre du verglas. Les glissades commencent, les chutes aussi, l'allure se réduit, la prudence est de mise.
Tomber, bien sûr, c'est pas top mais surtout il serait dommage de se faire mal alors qu'on a même pas passer le premier ravito. Mais outre la chute, que l'on "sent" parfois venir, ce qui m'inquiète le plus, c'est d'être percuté par un autre coureur, l'"effet de surprise" peut être très préjudiciable avec le risque de se faire vraiment mal. Je me rend compte aussi rapidement que mes chaussures (XR Crossmax2) ne sont pas adaptées à ce type de surface glissante. En parlant, d'accroche, beaucoup de coureurs commencent à mettre les chaines, se sera le début d'un grand balai de mise en place et de retrait de ces ustensiles ( que j'ai ben pris soin de ne pas prendre) selon les surfaces rencontrées.
En effet on alterne entre chemin et petite portion de route, chaque retour dans les chemins étant, en général, signe de belles figures artistiques. Niveau physique, je souffre des tendons en bas des mollets (j'imagine que c'est les achilles ), je sais pas si c'est dû aux appuis fuyants ou une défaillance. J'ai même les mollets douloureux et je commence déjà à prendre un cachet de Sporténine, cachet que je prendrai régulièrement pendant la course.
Les endroits dégagés (en plein champs) sont l'occasion de voir ce grand serpentin de frontales qui est, en plus d'être magnifique, très impressionnant. Je me fais beaucoup doubler que ce soit par des coureurs avec des chaines ou par des relayeurs (voir les 2) et quand je vois la file de frontales devant moi, j eme dis que je suis (très) mal classé, mais dès que je me retourne et que je vois la suite de la file derrière moi, je ne peux m'empêcher de m'arrêter quelques secondes sur le bas côté pour profiter du spectacle.
Les bas côtés pour ne pas dire le champs, qui nous est très utile pour éviter le chemin trop piégeu. Même si dans ces conditions, la solidarité est de mise, j'attends souvent: attention verglas, prenez sur la gauche de chemin... et bien sûr les "comment vas tu" quand un de nous tombons, nous n’hésitons pas à profiter du champs ou de l'herbage un peu plus meuble sur le coté du chemin.

Saint Christo: 1er ravito (16km depuis le départ: 3209ème en 1h58)

Contrairement à ce que j'avais prévu, c'est à dire de ne pas du tout m'arrêter, je prends très rapidement 2 tuc et 2 pâtes de fruit avant de reprendre mon chemin, je crois sans exagérer que je suis rester moins de 2' sous la tente. Même en buvant régulièrement (env tous les 2km), j'ai encore une quantité confortable d'eau sur moi. Comme je m'y attendais, la tente est bondée de coureurs, y rester le moins longtemps semble être la meilleur des options. Je ne prends pas beaucoup d'aliments solide mais j'ai sur moi ( dans la ceinture Spibelt sous ma veste pour protéger du froid) 2 gels et 2 barres de céréales (sans compter ce que j'ai dans le sac).

Les conditions sont identiques à la première partie, beaucoup de glissades ce qui nous oblige à rester en file indienne soit en trottinant soit dès que ça grimpe, à marcher les uns derrière les autres. A ce moment de la course, ça discute encore un peu, moins qu'au début quand même, et les coureurs qui sont en groupe s'appellent les uns les autres pour ne pas se perdre de vue. J'essaye de courir dès que je le peux, en augmentant ma fréquence de pas, les appuis sont moins long et j'adhère mieux mais il est difficile de doubler des coureurs sans prendre de risque.

Entre Saint Christo et Sainte Catherine, je commence vraiment à ressentir le froid ce qui n'était pas encore le cas depuis le début de la course. J'ai un bandeau mais la capuche n'est pas de trop surtout qu'il y a un peu de vent.Je continu à me faire pas mal doubler ce qui joue sur mon moral, je me sent un peu seul dans cette galère. Pour rajouter une couche à mon labeur, je chute, pas très vite, et mon genou droit tape contre une pierre, il me faut bien 500m de marche en boitant avant que je puisse recourir, je regarde mon genou endolori qui saigne un peu juste en dessous, je pense que le gros de la douleur vient de là alors que je suis plus écorché pile sur la rotule mais je ne le verrai qu'à la fin de la course.

Sainte Catherine: 2ème ravito (29.6km depuis le départ: 3642ème en 4h13)

Je rempli une de mes gourdes à un robinet d'où coule un filet d'eau qui mettra bien 2-3 minutes à remplir mes 500ml, je plains ceux qi remplissent leur poche à eau. En fait, même en m'hydratant régulièrement, je n'ai pas tant vider mes réserves. Je veux prendre 2-3 trucs à manger mais il y a trop de monde encore, je repars. Dehors, les secours sont déjà en action pour soigner des coureurs

Le speaker avait dit avant la course que ça glissait jusqu'à Sainte Catherine mais en fait, ça glisse encore surtout les descentes et quand ce n'est pas gelé, certaines ruissellent d'eau boueuse, comme souvent, au début on évite de se mouiller les pieds puis on marche dedans, ça va les chaussures évacuent bien l'eau et je n'ai pas (trop) froid aux pieds, c'est déjà ça. Il y a toujours des spectateurs sur les bas côté, parfois au intersection, parfois plus isolé, ça met toujours du baume au cœur surtout que le morale est au plus bas, je commence à me demander ce que je fous là, les idées noires remontent, je me rends compte que je cours sans prendre de plaisirs, qu'à chaque glissade je soupirs de mécontentement

Pour être honnête, je ne me souviens pas exactement du parcours, je le subit plus que je n'en profite. Le seul endroit que je pense me situer est la côte du bois d'Arfeuille aussi difficile que je l'imaginais.  Je suis plutôt concentrer et je cherche le meilleur endroit pour trouver un peu de grip. Je n'y arrive pas toujours et je reprends une bonne gamelle, là une vraie, une spectaculaire que je n'ai pas vu arriver. Je crois même que mon corps à du se trouver à l'horizontal, je sais pas ce qui c'est passer surtout que j'ai chuté de côté mais heureusement je ne me suis pas fait mal, j'ai même un petit sourire aux lèvres.

Nous commençons à rentrer dans le dur, les corps commencent à se fatiguer et je double de plus en plus de coureurs ou alors c'est un "jeu" de je te passe tu me passes

Je me demandais aussi avant la course, comment j'allais gérer la fatigue et bien je n'y pense même pas, c'est quand je regarde le temps écoulé que je me dis " 4h30 de course, il est donc 4h30 du matin", je suis surpris même si je me doutais bien que je n'allais pas m'endormir debout. Je fait des calcul rapide dans ma tête et je m'aperçois que faire en dessous des 10h sera impossible même si, normalement, la course sera moins difficile après Saint Genoux

Saint Genoux 3ème ravito (41,7 km depuis le départ 3134ème en 6h12)

Je rentre dans la tente et je prends tout de suite un gobelet de thé, ça fait du bien de boire chaud. Je vais à la table pour remplir mon bidon d'eau (comme ça je pourrais sauter le prochain ravito et ne remplir qu'au dernier qui devrait être moins peuplé) mais la table sous la panneau stipulant la zone de remplissage situé à la sortie de la tente est remplit de bouteille vide, je suis obligé de retourner en arrière pour demander de l'eau. Je me met sur le côté de la tente pour changer mes piles, j'aurais pû encore continuer avec celle-ci mais ça fait déjà quelques kilomètres que j'ai l’impression d'être suivi par moment par des bagnoles. Je prends 2 tucs, 2 rondelles de saucissons et je repars, je suis resté 10', mon plus long arrêt à un ravito.

Le jour commence à se lever, le ciel est bleu et j'attend les premiers rayons de soleil pour me réchauffer un peu. On commence à avoir des points de vue sur l'agglomération lyonnaise, au fur et à mesure de notre avancement, le silence s'installe entre les coureurs, quelques téléphones commencent à sonner, quand c'est un appel, le coureur semble chuchoter pour ne pas gêner son entourage semblant être dans son chemin de croix. On croise les lève tôt du dimanche matin qui nous encouragent , nous motivent. La surface devient plus praticable mais les jambes sont désormais bien lourdes, je suis quand même content de retrouver du bitume même si ma foulée est elle aussi lourde, j'ai mal aux pieds, je crois qu'ils ont morflé , j'ai une paire de chaussettes dans mon sac mais je n'ose pas les changés de peur de voir l'état de mes pieds, il reste alors 20 bornes à faire

Soucieux en Jarest: 4ème ravito (54,3 km depuis le départ: 3164ème en 8h15)

Je passe en coup de vent, je ne passe même pas dans la tente. Je suis dans l'inconnu maintenant, je n'ai jamais autant couru ni aussi longtemps. J'ai froid, terriblement froid au thorax, j'aurais peut être dû changer de tshirt. J'enlève mon bandeau pour prendre mon bonnet, j'en profite pour ranger ma frontale. Même si je n'en doutais pas, je sais maintenant que je vais bientôt en finir, nous sommes de plus en plus sur le bitume signe que nous arrivons. J'essaye de reprendre un rythme correct mais les jambes ont du mal à suivre, je reçois quelques SMS à lequel je répond, bon prétexte pour marcher un peu. Nous ne sommes plus que des zombies avançant sans un mot à part d'encouragement quand un coureur "flanche", allez c'est bientôt fini. La vie matinale reprend ses droits sur la vie nocturne, nous croisons quelques joggeurs, certains nous salut, d'autres nous encouragent mais d'autres ne nous regardent même pas.

Beaunant: dernier ravito (68,3 km de puis le départ: 2816ème en 10h05)


Je prends rapidement un peu de fromage et du saucisson, je remplis dehors mon bidons à moitié et je repars. Je sors du ravito et on attaque direct une côte bien raide, j'essaye même pas de courir, d'ailleurs je crois que je n'aurais pas pu. La fin approche, je profite de ce moment pour refaire un peu le "bilan" de la course, c'est quand même incroyable ce que j'ai vécu depuis le départ de Saint-Etienne (avec le recul de quelques jours, je crois que c'est ça l'esprit de la SaintéLyon: une course difficile que l'on mène contre le chrono mais surtout en allant puiser au plus profond de nous même, en exagérant (beaucoup) je crois qu'on pourrait presque dire qu'on est proche de l'instinct de survie, de la faculté qu'à l'être humain à évoluer en milieu "hostile", allez, j'arrête là mon délire)

Nous traversons un parc, ça fait du bien de trouver un peu de terrain meuble car ça tape quand même sur le bitume.Descente le long de la Saône pour quelques mètres sur le quai avant de remonter un escalier pour retourner sur la route (pas trop compris l'intérêt de ce passage). Arrive le passage des marches à descendre, 200 apparemment, j'avoue, j'ai pas compté ,certains coureurs ont du mal à descendre, moi ça va,  même si je ne prends pas de risque en m'appuyant à la rambarde pour essayer de descendre rapidement en léger trot.
Passage sur un pont, le dernier, il reste 2 km et là, c'est long 2 km.

L'arrivée:


Je m'imagine sur mes parcours d'entrainement, je me dis que 2 km c'est de là à là sur mes parcours habituels, put... ça semble long. Les gens sur les bas côté nous encourage, on arrive dans le parc des berges, il reste 1 km, un groupe de 4 coureurs se regroupe devant moi pour la photo finish, je leur laisse quelques encablure d'avance, on arrive devant des panneaux décomptant les mètres: 200m-150m-100m, je cogite sur mon arrivée est ce que je vais pleurer? non je ne suis pas spécialement ému, juste pressé d'en finir.
Je passe sous l'arche d'arrivée, mon pote Philippe m'attend avec mes affaires (il a fait 7h49 et une 141 ème place pour sa première participation), je récupère mon tshirt de finisher et je me change rapidement, éteins ma montre ce que j'avais oublié. J'ai les jambes bien lourdes, on passe rapidement sur le ravito d'arrivée et on quitte le lieu de la course.





Fini en 11h03'40 les 75km, loin de mon objectif chrono mais avec une 2693ème place sur un peu plus de 5090 coureurs, ce qui me va moi qui termine plutôt dans le dernier quart d'habitude

Conclusion:

En course et même après l'arrivée, je me suis dit plus jamais cette course, plus jamais une distance aussi
longue (j'avais dit pareil après mon 1er marathon, je vais faire le 3ème en avril) mais après réflexion l'idée de retenté ma chance commence à trotter dans ma tête peut être pas en 2014, on verra.
J'ai vécu tellement de choses pendant ces 11h de course, course qui s’apparente vraiment à une aventure humaine, elle génère tellement d’enthousiasme chez les coureurs et chez les spectateurs que l'on comprend l'attachement que peuvent avoir les Rhodanien pour cet événement

Je remercie bien sûr Philippe pour m'avoir accompagner pour ce week end (même si je ne l'ai pas vu de la course)
Je remercie Fabien pour nous avoir offert le gite et de son hospitalité.
Merci à tous les bénévoles et aux spectateurs pour les dévouements et leur encouragement.
Merci à tous ceux qui m'ont encourager sur les réseaux sociaux et par SMS




Données Garmin de la course: http://connect.garmin.com/activity/413878302

Photos : Maindru Photo:http://www.maindruphoto.com/
             site de la SaintéLyon: http://www.saintelyon.com/

Compte rendu de la Runnosphère:

Greg Runner: RÉCIT DE COURSE: Ma SaintéLyon 2013
Lolotrail: SAINTELYON: "The Nignt Race" et la vidéo
Run Reporter Run: SaintéLyon on comment basculer du côté obscur
Mangeur de cailloux: SaintéLyon 2013: résultat à chaud et SaintéLyon 2013 - Récit
Grego on the run: SaintéLyon 2013: Quel bonheur 
Jahom runner: SaintéLyon 2013: jusqu'au bout de la nuit 
Noostromo: SaintéLyon 2013: le récit
Djailla (sur la SaintExpress): SaintExpress2013 - une magnifique nuit blanche

et pour finir, le compte rendu du vainqueur Benoit Cori: SaintéLyon 2013, un truc de fou

@+
Kejaj

8 commentaires:

  1. chapeau !!!! Ca change la vie de faire ce genre de distance. C'est super !!!

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    1. Mercî c'est clair que c'est une vraie aventure

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  2. Oups com que j'ai effacé ( saloperie d'iPad) Jahom :Un récit hyper détaillé que tu prendras plaisir à relire au moment de retourner affronter les monts du lyonnais :)
    Bravo, tu t'es battu jusqu'au bout pour mériter ton tee-shirt de finisher. Et bravo à ton pote au chrono très impressionnant

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    1. Mercî il faut encore que je la digère un peu cette course avant de m'imaginer de nouveau au départ

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  3. Bravo à toi, tu as été jusqu'au bout et rien que pour ça tu peux être fier de toi :-)

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  4. Bienvenue dans le monde du trail longue distance ! Tu resignes pour quelle année alors ?

    Comme dit Jahom, tu prendras assurément beaucoup de plaisir à relire ton récit quand tu prépareras ton come-back sur cette course.

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    1. merci, je vais attendre un peu avant de re-signer pour cette course, enfin on sait jamais :-)

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